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Plus économique et écologique: le nouveau TGV d'Alstom est enfin sur les rails
information fournie par AFP 06/11/2026 à 14:26

Le TGV de nouvelle génération à la gare de Lyon à Paris avant son premier voyage, le 6 novembre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Le TGV de nouvelle génération à la gare de Lyon à Paris avant son premier voyage, le 6 novembre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Le train est arrivé à Marseille un peu avant 13H00, avec deux ans et demi de retard mais pile à l'heure: le nouveau TGV de la SNCF a réalisé son premier service commercial vendredi, entre Paris et Marseille, avec une multitude d'innovations techniques.

Les passagers de ce voyage inaugural ont été accueillis à l'arrivée par une haie d'honneur et les applaudissements du personnel de l'entreprise ferroviaire publique, au milieu de la cohue.

"Il est là, il est là !", a lancé aux journalistes le patron de la SNCF Jean Castex, qui avait fait le voyage.

"C'est quelque chose cet accueil !", a déclaré à l'AFP le conducteur, Daniel Antunes, qui pilote des TGV depuis 12 ans. "C'est un super TGV, un produit exceptionnel, confortable à conduire", a-t-il estimé, avec un large sourire et la voix tremblante.

Le directeur général de la SNCF Jean Castex lors de l'inauguration du TGV de nouvelle génération reliant Paris à Marseille, à la gare de Lyon à Paris, le 6 novembre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Le directeur général de la SNCF Jean Castex lors de l'inauguration du TGV de nouvelle génération reliant Paris à Marseille, à la gare de Lyon à Paris, le 6 novembre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

S'élançant avec ses premiers passagers une semaine après un terrible accident de train en Espagne qui a causé la mort de 69 personnes, le nouveau TGV fabriqué par Alstom ne roulera pas plus vite que les rames les plus récentes en France, soit 320 km/h.

Mais c'est un TGV "plus humain", sobre, économique et "de son temps", avait salué Jean Castex avant le départ de la gare de Lyon.

Le ministre des Transports Philippe Tabarot, qui devait prendre place à bord, a dû se rendre sur les lieux d'un grave accident de bus scolaire dans l'Ain.

"C'est un grand jour pour une vraie réussite française", avait-il déclaré avant de s'absenter, félicitant Alstom, pris récemment dans une tourmente boursière, "une grande entreprise qui continue à innover et à progresser et dont on est très fier".

Ce TGV est le seul dans le monde à circuler à une telle vitesse avec deux étages.

Grâce à son nez effilé et un aérodynamisme renforcé, il promet de consommer 20 % de moins d'énergie en accueillant jusqu'à 20 % de passagers supplémentaires.

Un espace pour les personnes à mobilité réduite dans le nouveau TGV, à Paris, le 6 novembre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Un espace pour les personnes à mobilité réduite dans le nouveau TGV, à Paris, le 6 novembre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Les nouvelles rames remplaceront progressivement, sur 10 ans environ, le parc existant, dont les trains les plus anciens datent des années 1990.

Sur les 160 exemplaires commandés par la SNCF pour plus de cinq milliards d'euros, 100 sont destinés au marché français, 15 aux liaisons France-Belgique, 30 au réseau Eurostar et une quinzaine au marché italien où l'entreprise compte se développer.

Sur l'axe Paris-Marseille, il sera en concurrence avec le Frecciarossa (flèche rouge) de l'Italien Trenitalia, construit par Hitachi.

Retards

En 2020, un haut responsable de la SNCF avait espéré qu'il roulerait "pour les Jeux olympiques de Paris en 2024".

Mais les retards liés à la période du Covid-19 ont rapidement mis cet objectif hors de portée.

Après avoir atteint pour la première fois 320 km/h en septembre 2023, la SNCF et Alstom pariaient ensuite sur une mise en service en 2025, avant de la repousser à 2026 en raison de démêlés techniques et de l'ampleur des tests à valider.

"Ce TGV représente des années de recherche", a expliqué le directeur général d'Alstom Martin Sion vendredi. "Aucun projet industriel ne se construit sans obstacle."

Le PDG d'Alstom Martin Sion (à droite) lors de l'inauguration du TGV de nouvelle génération reliant Paris à Marseille, à la gare de Lyon à Paris, le 6 novembre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Le PDG d'Alstom Martin Sion (à droite) lors de l'inauguration du TGV de nouvelle génération reliant Paris à Marseille, à la gare de Lyon à Paris, le 6 novembre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Le train peut passer de huit à neuf voitures et le nombre de première ou deuxième classes peut varier selon les destinations ou les saisons, élément jugé "stratégique" pour un train appelé à circuler pendant plusieurs décennies.

Batterie et stockage d'énergie

Côté environnement, le train émet 50 % de CO2 de moins par voyageur que le premier TGV lancé en 1981. Il emploie 25 % de matériaux issus du recyclage et affiche un taux de recyclabilité de 97 %.

Le "Bistro", la voiture bar du nouveau TGV, à la gare de Lyon à Paris, le 6 novembre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Le "Bistro", la voiture bar du nouveau TGV, à la gare de Lyon à Paris, le 6 novembre 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

Les milliers d'informations analysées en temps réel permettront de réaliser une maintenance prédictive, ce qui raccourcit les temps d'immobilisation et réduit de 30 % les coûts d'entretien.

Les passagers en fauteuil roulant peuvent embarquer sans assistance.

Une rame peut transporter jusqu'à 700 personnes, avec la promesse de plus de place pour les jambes, les bagages, plus d'espaces vélos, des sièges plus confortables et un wifi "au meilleur standard", mais toujours dépendant de la couverture des opérateurs mobiles.

Progrès majeur : le TGV est doté d'une batterie de stockage, qui lui permettra de poursuivre sa route jusqu'à la gare la plus proche en cas de rupture de caténaire, lors de tempêtes ou de canicules par exemple.

4 commentaires

  • 16:22

    Le dernier point (les batteries) semble le plus important: un vrai progrès si ça marche.


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